paraformé – Paolo Almario
 

Le laboratoire insertio a présenté du 3 au 12 octobre 2014 l’installation paraformé de l’artiste d’origine colombienne Paolo Almario. Cette exposition, présentée en duo avec la pièce Transects Sonores de James Partaik, constitue le point final de la Maîtrise en Art d’Almario à l’Université du Québec à Chicoutimi.

 

Textes de l’artiste :

Contexte

À partir de 2002 les déclarations des démobilisés du groupe paramilitaire Autodéfenses Unies de la Colombie ont mené à la Cour Suprême de Justice (CSJ) à ordonner la réclusion de la plupart des membres du Congrès Colombien, parmi eux Luis Fernando Almario père de l’artiste. Capturé le 5 juillet 2012 sous la figure d’emprisonnement préventif, il continue à l’attente du début des audiences de son procès.

Le manque de garanties envers les parlementaires colombiens et la violation de leurs droits à des procès équitables soulèvent plusieurs interrogations par rapport aux vrais intérêts de ces démarches – voire persécutions – judiciaires. Des organismes internationaux se sont prononcés, parmi eux l’Union Interparlementaire (l’UI). Le 21 octobre 2012 à la ville de Québec l’UI a manifesté :

[…] Les paramilitaires démobilisés ont manifestement intérêt à agir d’une certaine manière pour bénéficier des peines plus légères. En conséquence, beaucoup sont d’avis qu’il vaut mieux parler que se taire, même s’ils ne savent rien ou peu de choses des informations qui pourraient servir la justice.

 […] (l’UI) réaffirme qu’à son avis, il est indispensable d’assurer aux membres du Congrès une protection légale telle qu’ils puissent effectivement s’acquitter de leur mandat sans crainte de représailles; engage donc les autorités compétentes à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour reprendre les consultations en vue d’une révision de la procédure applicable aux membres du Congrès afin que celle-ci soit pleinement compatible avec les principes fondamentaux d’un procès équitable, qui comprennent le droit de recours et la non-discrimination envers les membres du Congrès.[1]

[1]127ème Assemblée de l’Union Interparlementaire (2012). p102, 103. http://www.ipu.org/conf-f/127/results.pdf

Installation

Les portraits de Carlos Fernando Mateus Morales alias « Paquita », José Germán Sena Pico alias « Nico » et Albeiro Antonio Ardila Lopez alias « Rambo » ont été construits en utilisant 4800 photos, placées à la main, de la maison de l’artiste. Les œuvres de grand format délimitent l’espace intime du lit à l’intérieur d’une chambre du laboratoire insertio.

Pendant les deux semaines d’exposition, les portraits seront déconstruits sous l’action de la machine de l’ordre. Dispositif numérique autonome qui opère en suivant la série d’uns et de zéros des déclarations des démobilisés converties au langage binaire.

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